MADAGASCAR
"LA TERRE PROMISE OUBLIEE !"
Quelques notes sur Madagascar

" Jérémie 50:5 Ils s'informeront du chemin de Sion, Ils tourneront vers elle leurs regards: Venez, attachez-vous à l'Eternel, Par une alliance éternelle qui ne soit jamais oubliée! "

C’est en 1770 que le naturaliste Joseph Commerson passa plusieurs mois dans l’île de Madagascar. Emerveillé devant les richesses naturelles de cette île, il n’a pas hésité à l’appeler " La terre promise des naturalistes ".

Désespérément affamés de Dieu !

Madagascar est la 4ème plus grande île du monde en superficie après le Groenland, la Nouvelle Guinée et Bornéo. Située dans l’océan Indien, au sud de l’équateur, elle s’étend à 400 km à l’Ouest des côtes africaines dont elle est séparée par le canal du Mozambique. La superficie de Madagascar équivaut à celle de la France et du Benelux réunis (587 000 km carrés). L’île est peuplée de 16 millions d’habitants officiellement répartis en 18 groupes ethniques.60% de la population à moins de 20 ans.

Si les tours opérateurs ventent l’exotisme de Madagascar, il y a une chose qu’ils se gardent bien de montrer : c’est l’extrême pauvreté du peuple malgache. Le Malgache travaille dur pour survivre. Son salaire quotidien s’élève en moyenne à 10FrF. Courageux, il se donne au travail sans compter les heures pour nourrir sa famille. A Madagascar, la pauvreté est partout dans les rues et elle donne à cette île somptueuse un goût amer de " terre promise oubliée ". Comme la plupart des pays du tiers monde, ce pays n’est pas épargné par des fléaux qui le meurtrissent comme la drogue, la prostitution et la criminalité. Et puis, il y a tout l’arsenal de maladies mortelles telles que : le paludisme, le choléra, la fièvre bubonique, la tuberculose, le sida, etc…Lorsqu’on circule dans les rues de la capitale et que l’on est confronté à ce puits sans fond de misère, on se dit que le seul Espoir pour cette île, c’est Dieu et la Bonne Nouvelle de son Fils Jésus-Christ. Le travail titanesque des nombreuses ONG installées dans le pays n’est qu’une goutte d’humanité dans un océan de désespoir.

Lorsque je suis allé prêcher la Bonne Nouvelle, en plein air, dans une ville de la périphérie et dans un village de la région, des centaines d’enfants désoeuvrés se sont assis sagement devant l’estrade du camion podium pour m’écouter. Ils étaient fascinés à la vue d’un blanc venu à leur rencontre. Mais j’étais encore plus fasciné qu’eux en les voyant, les cheveux remplis de poussière, le visage grimé par la saleté, vêtus de vêtements déchirés, les pieds nus et abîmés. Face à ces milliers d’enfants, une conviction saisissait mon cœur avec ce message : Dieu a un futur pour eux, il a un avenir fait de Paix et d’Espérance !

Le sang des martyrs, une semence.

Cette parole prend tout son sens lorsqu’on découvre une autre réalité à Madagascar qui est celle d’une Eglise en marche. En effet, l’Eglise est bouillante et elle travaille sans se relâcher à l’évangélisation des différentes ethnies de l’île, de ses différentes régions administratives, de ses villes et de ses villages. On estime aujourd’hui à 7% le nombre de chrétiens évangéliques sur l’île. La joie de la récolte d’aujourd’hui est le résultat de l’ensemencement dans les larmes d’hier. L’histoire malgache nous apprend que les chrétiens ont été sévèrement persécutés, particulièrement au cours du XIXème siècle sous le règne de la Reine Ranavalona. Elle a fait la guerre aux chrétiens et a déclaré la foi chrétienne comme illégale. Les missionnaires qui ont refusé de quitter le territoire ont été jetés de la falaise qui est au pied du palais. Plus tard, lorsque Radama II est monté sur le trône, il a aboli l’esclavage, réformé les lois et réouvert les portes du pays. Avec le retour des européens, la foi chrétienne est revenue dans le pays. Et sans se relâcher et pendant de longues années, des prédicateurs malgaches ont sillonné le pays portant avec foi leur sac de Bonne Semence. Ces sacs ont été vidés dans une multitude de villages et cela malgré la persécution qui a toujours été présente.

Implantation massive d’églises !

Béni soit Dieu car aujourd’hui la semence porte son fruit. La fin du XXème siècle a vu l’évangélisation se développer fortement. Des missionnaires des Assemblées de Dieu françaises et américaines sont venus. Le missionnaire des Assemblées de Dieu de France, le pasteur G.Burki, a fondé une école Biblique. Rejoint par le missionnaire des Assemblées de Dieu américaines, le Révérend Prabudass, cette école biblique a connu un merveilleux développement ces dernières années. Elle compte aujourd’hui une centaine d’étudiants.

Depuis quelques années le rythme de l’évangélisation du pays s’est accéléré sous l’impulsion du frère Prabudass. Il m’a appris qu’il venait de travailler à l’implantation de 200 nouvelles églises ces 7 dernières années et qu’il projette d’en implanter 150 nouvelles dans les 5 prochaines années. L’Eglise avance à grand pas et c’est le temps de la moisson. La moissonneuse batteuse de l’évangélisation avance, inlassablement. Bien que l’Eglise soit très pauvre, quelle doit faire face à certaines oppositions, elle ne coupe pas le moteur.

Evangélisation intensive !

Avec ED, nous voulons apporter notre collaboration dans ce travail d’évangélisation. En septembre, notre coordinateur Sam Maloney s’est rendu dans l’île pour commencer des travaux de coordination afin de tenir à Madagascar une grande campagne d’évangélisation qui se déroulera en août 2002. Le but de cette mission consistera à toucher trois villes majeures : la capitale Antananarive, Tamatave et Mahajanga. Pour la capitale, nous sommes en train de réserver le stade Malacam pouvant recevoir sur ses gradins et sur sa pelouse jusqu’à 30 000 personnes.

Des rencontres pastorales auront lieu dès janvier, des rencontres d’intercession sont aussi planifiées. Nous croyons que cette campagne sera une grande bénédiction et que des églises nouvelles seront implantées en résultat de cet effort d’évangélisation. Nous projetons aussi de solliciter des prédicateurs du réseau ED pour atteindre les Malgaches d’origine hindoue et les Malgaches d’origine musulmane. Nous comptons aussi sur la participation des assemblées de Dieu de l’île Maurice avec leur Président, le Révérend Blackburn.

Les deux missions qui se sont déroulées pendant mon séjour m’ont déjà donné un avant-goût de ce que sera cette Grande Campagne. Chaque soir des milliers de personnes sont venues écouter la Bonne Nouvelle proclamée dans la rue. Nombreux sont ceux qui se sont avancés pour l’appel au salut et pour celui de la guérison.

J’ai pu aussi tenir un séminaire de trois jours à l’école biblique. Le thème général qui a été abordé a été celui de l’église d’Antioche, église-modèle du Nouveau Testament. J’ai pu mettre l’accent sur la vision de l’évangélisation et de l’urgence d’implanter des églises. Une centaine d’étudiants étaient présents, assoiffés d’être enseignés. 50 pasteurs de la capitale nous ont aussi rejoint le premier jour. Dès 4h30 du matin les étudiants sont dans la prière. Ils savent quel est le prix à payer pour servir Christ dans leur pays. Ils mettent la main à la charrue et ne regardent pas en arrière. Ce séminaire a été une formidable occasion de les encourager, de les fortifier et de les enflammer.

Ce séjour s’est terminé le dimanche. J’ai pu prêcher dans deux églises de la capitale. Une de ces églises connaît une forte croissance ces derniers mois. Elle ne compte pas loin de 2000 membres. Elle est bâtie aux pieds de la falaise du palais de la Reine.

L’Amour de Christ nous presse et nous nous prions que Madagascar, " terre promise oubliée " devienne une " Terre promise retrouvée ".

Franck Alexandre.

NB : Les serviteurs de Dieu de Madagascar ont besoin de livres d’édification et d’évangélisation. Le missionnaire américain ayant apprécié les quelques livres écrits par le frère Alexandre prévoit d’en faire la traduction en malgache. Ensuite, ils seront distribués dans tout le pays.

Que Dieu vous bénisse ! Franck ALEXANDRE